La plus grande ferme éolienne des petites antilles

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La plus grande ferme éolienne des Petites Antilles est à… Grand-Rivière

C’est une cargaison qui passe difficilement inaperçue : depuis ce mardi, des mâts en acier allant jusqu’à 35 tonnes, des nacelles en fibre de verre de 70 tonnes, des pales de 50 mètres de long ou encore un rotor de 100 mètres de diamètre sont déchargés au Grand Port Maritime de la Martinique.

Elles sont arrivées dans la nuit de lundi à mardi. Venues d’Europe – d’Italie et d’Espagne principalement-, les sept futures éoliennes de Grand-Rivière (FA du 30 juillet 2017-) ont débarqué sur le Grand Port Martinique de la Martinique, à Fort-de-France. D’ici la fin d’année, elles seront implantées sur le site de l’habitation Beauséjour, tout au nord de l’île, pour constituer la plus importante ferme éolienne des Petites Antilles.
Outre sa capacité de production de 14 Megawatts, le grand intérêt de ces éoliennes est de disposer de batteries de stockage (5 MW).
« Elles vont permettre de lisser la production et de fournir en permanence 10 MW à EDF. Le jour où elles produisent davantage, l’énergie sera stockée dans les batteries. Inversement, on pourra espuiser dans les batteries en cas de baisse de production » , décrit Jean-Christophe Kerdelhué, président de Grand Rivière Éolien Stockage Services (Gress) qui a imaginé ce projet depuis les années 2000. Sur le port de Fort-de-France ce mardi, il savoure, impressionné, l’arrivée des imposants blocs constituant les futures éoliennes.
« Une logistique de cette ampleur, cela n’a encore jamais été réalisée aux Antilles » , observe Frédéric d’Enquin, directeur de Géodis pour la région Antilles-Guyane, la société missionnée pour assurer le chargement en Europe et le déchargement à la Martinique. Une opération minutieusement préparée, en amont, avec le service ingénierie du Grand Port Martime de la Martinique. « Le Cargo a dans un premier temps accosté au Quai des Annexes, où les pales ont été déchargées. Il a ensuite accosté au quai des Grands Cargos pour la suite du déchargement » , raconte Catherine Signori-Erepmoc.
EN FONCTIONNEMENT EN FIN D’ANNÉE
Au Grand Port Maritime de la Martinique, Géodis a fait appel à l’entreprise Loc Manu. Le manutentionnaire Somartrans, avec l’appui de Gemo (les dockers), veille, de son côté, à ce que tout se déroule sans impair, dans les conditions de sécurité optimum. Les colis hors normes déchargés depuis mardi devraient être stockés au niveau du port jusqu’à fin avril. Le temps de poursuivre les travaux d’aménagement de la falaise à Grand-Rivière ainsi que les travaux de dragage du port. « Une très grande majorité des 56 éléments qui constituent les 7 éoliennes seront acheminés par voie maritime grâce à un petit bateau avec un très faible tirant d’eau, à raison d’un ou deux éléments par voyage. Ce transport devrait durer environ 2 mois » , prévient Frédéric d’Enquin.
Ensuite, du port de Grand-Rivière jusqu’à l’Habitation Beauséjour, la manoeuvre sera encore très technique. Des remorques spécifiques (des lignes d’essieu hydrauliques) -les mêmes qui avaient permis d’acheminer les nouveaux moteurs de la centrale électrique de Bellefontaine en mars 2011-, dépêchées spécialement à la Martinique, permettront d’achever ce transport de très grande envergure.
La future centrale éolienne devrait être opérationnelle d’ici la fin d’année selon le calendrier établi. Elle produira environ 40 GWh à l’année, soit la consommation de 10 000 habitants. Sa mise en route permettra d’économiser 10 000 tonnes de fuel par an et 28 000 tonnes d’émissions de CO2.
Les éoliennes doivent être stockées au Grand Port Maritime de la Martinique pendant deux mois, avant leur transfert par voie maritime vers Grand-Rivière. 
Production en continu
À chaque seconde, l’énergie produite sera soit injectée directement sur le réseau EDF -avec qui Grees a passé un contrat d’achat pour 15 ans-, soit stockée. Cela dépendra des besoins, des conditions météorologiques, de l’état de charge des batteries, etc. Contrairement aux éoliennes du Vauclin par exemple, l’énergie produite ne sera pas considérée comme intermittente mais comme une source d’énergie en continue, parfaitement maîtrisée par EDF.
Un dispositif anticyclonique
Les éoliennes de la marque d’éolienne Vestas -le leader mondial en la matière- sont déjà présentes dans la Caraïbe (Aruba, République dominicaine, Jamaïque, Porto Rico). Elles sont équipées d’un dispositif anticyclonique : les pales se mettent en drapeaux en temps réel si le vent est trop important.
Un projet privé « avec intérêt public »
La société SAS Grand-Riviere Eolien Stockage Service (GRESS), créée pour l’occasion, est une filiale à 100% du groupe NW Energy, fondé en 2007, dont Jean-Christophe Kerdelhué est le président. Ce groupe exploite des centrales photovoltaïques à la Réunion, en Guadeloupe et en Guyane, en association avec EDF PEI et EREN.
Pour le projet de Grand-Rivière, l’investissement représente 45,6 millions d’euros, financé à hauteur d’un prêt de 36,5 millions d’euros (Crédit Industriel et Commercial 50%, Agence Française de Développement 25% et Banque Publique d’Investissement 25%) et de fonds propres associés de 9 millions d’euros. « C’est un projet privé mais avec un intérêt public. Des confortements de la route ont déjà été réalisés par la CTM et, à plus long terme, ce projet bénéficiera à toute la population, en participant à la transition énergétique » , avance Jean-Christophe Kerdelhué.
25% d’énergie renouvelable
D’ici fin 2018, avec Albioma, la hausse de la production d’énergie solaire et la ferme éolienne de Grand-Rivière, le pourcentage d’énergie renouvelable devrait passer de 7% aujourd’hui à 25%.
Crédité France antilles martinique : https://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/environnement/les-eoliennes-de-grand-riviere-a-bon-port-461792.php

 

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